Présentation - +

Qu’un metteur en scène propose un Faust, il est présomptueux mais après tout dans son rôle. Il n’y a, parait-il, pas d’art sans risque. Mais qu’il aille y mêler de la biologie ou tout simplement se mêler de biologie, c’est pour le coup de l’outrecuidance, un coup à tout emmêler, à tout embrouiller.

Pourtant la tentation est forte de ne pas se contenter des tautologies rassurantes de notre époque (les affaires sont les affaires, donc le théâtre, c’est le théâtre, la science, c’est la science, moi, c’est moi. lui, c’est lui. etc.), et de tenter quelques manipulations hasardeuses (les meilleures), comme ne se privent pas de le faire, hélas ! peut-être, certains biologistes.

Et puis s’intéresser à la biologie, ce n’est peut-être pas se mêler de ce qui ne nous regarde pas. On a le droit de s’intéresser à elle puisqu’elle s’intéresse à nous et à ceux de notre espèce, et que dans le désert intellectuel, philosophique présent (tous les grands Pans sont morts), c’est elle qui pose les questions indépassables de notre temps, et qui, du moins, touchent, c’est le cas de le dire, autant à notre passé qu’à notre avenir, s’il nous en reste un. Et on a le droit de le faire autrement que par la vulgarisation des livres ou la vulgarité des débats télévisés, et pourquoi pas par les moyens du théâtre ? Le théâtre, tout le regarde en principe ; il peut sans doute parler du Vivant et des tripatouillages diaboliques dont il est l’objet et le faire de manière sensible, voire passionnée ; il peut en parler non seulement à nos têtes mais à nos sens, à nos corps. Car qu’est-ce que connaître la vie ? Le biologiste est voué à cette question, mais qui ne voit que c’est aussi la question qui a taraudé et perdu Faust lui-même ? Curieuse affinité, comme s’il n’y avait pas de connaissance de la Vie qui soit pure (et simple) science du vivant, qu’on ne puisse seulement se contenter de connaître ou d’interpréter le Vivant sans céder à la tentation de le transformer et de mettre ainsi en cause le destin de l’homme ou de l’humanité. Aventure faustienne, non ?

Générique / credits - +

Un Faust, Histoire Naturelle

de Jean-François Peyret et Jean-Didier Vincent

d'après Goethe

Mise en scène : Jean-François Peyret

Décor : Nicky Rieti, assisté de Chantal de la Coste-Messelière

Images et son : Benoît Bradel, assisté d'Etienne Dusard et de Thomas Fernier

Costumes : Marylène Cherigny, assistée de Patricia Faget

Peinture des costumes : Didier Moscatelli

Lumières : Bruno Goubert assisté de Pierre Setbon

Percussions : Philippe Hersant, interprétation : Catherine Pavet

Maquillage et effets spéciaux : Dominique Colladant

Assistant à la mise en scène : Nicolas Bigards

Collaboration artistique : Gerda Poschmann,

 

Avec Lore Brunner, Roser Montllo, Charlie Nelson, Nathalie Richard, Richard Sammel, Pascal Ternisien, Veronika Varga et Toméo Vergès.

Coproduction MC93 Bobigny, Compagnie tf2 - jean-françois peyret et le Théâtre National de Bretagne Rennes.

Du 26 février au 14 mars 1998.

Partition d'Un Faust, Histoire naturelle - +